BELLUCCI JOUE LISZT : LORSQUE LA TECHNIQUE S'OUBLIE DANS L'INTELLIGENCE MUSICALE, CELA DONNE UN RÉCITAL DE CETTE HAUTEUR DE VUE

Rhapsodie roumaine. Rhapsodies hongroises nos1 à 19

Liszt ne pouvait résister au charme du peuple tzigane, si proche de ses propres idéaux de liberté. Il s'inspira de leurs danses et mélodies pour composer son cycle de Mélodies nationales hongroises qui devinrent les Rhapsodies hongroises, éditées entre 1848 et 1853. Chaque pièce possède son caractère propre devenant une sorte "d'épopée sonore nationale" dans laquelle fusionnent des éléments composites, aussi bien les verbunkos, ces danses de recrutements et de parade des soldats au xviiie siècle que les czárdás.

Giovanni Bellucci plante ainsi le décor de la rhapsodie. Il l'individualise comme un univers clos, explorant d'abord les lumières, la multitude des détails, d'accents, de nuances.

Partition en mains, on découvre une construction d'une habileté et d'une cohérence insolentes. Le déchaînement des contrastes, la volatilité des effets saisissant. Rien de nerveux, de crispé dans ce jeu aussi éloquent que combatif. Le piano devient "orchestral", douloureux et profond. Cette conception, proche d'un Brendel ou d'un Arrau, sait dépasser le paravent de la véhémence. Lorsque la technique s'oublie dans l'intelligence musicale, cela donne un récital de cette hauteur de vue.

Accord 2 CD 476 4607 (Universal). 2005, 2010. 2h37'

Luc Nevers

Pianiste, 28 janvier 2012

http://www.pianiste.fr/011-817-FRANZ-LISZT-1811-1886.html

Posted in News Stories

Thursday, 28 January 2016 12:17

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